Quelles sont les conséquences d’une dérégulation de l’expression de CamKIIβ sur la corticogénèse et comment les expliquer ?
Comment varie l'expression de CamKIIβ au cours du développement embryonnaire ?
L’expression de CamKIIβ augmente pendant le développement (Figure 1) : entre le 12e jour après la fécondation (E12,5) et le 4ème jour post natal (P4). Pour mieux comprendre le rôle de CamKIIβ dans la corticogénèse, voyons des répercussions possibles d'une sur- et d'une sous-expression de la protéine durant le développement embryonnaire.
| Figure 1 : Evolution de l'expression de CamKII entre E12.5 et P4 |
Afin de réduire ou d'augmenter l'expression de CaMKIIβ dans des neurones corticaux en développement, une des méthodes expérimentales possibles est l'électroporation in utero. L'électroporation correspond à l'application d'impulsions électriques contrôlées sur des cellules vivantes afin de perméabiliser la membrane cellulaire. Cette technique permet d'introduire de façon simple et efficace des molécules variées dans de nombreux types de cellules (pour plus d'informations, voir focus).
Ici, l'électroporation a été faite sur des embryons à E 14,5 et les conséquences de la dérégulation de CaMKIIβ ont été visualisées et étudiées grâce à l'utilisation de la Green Fluorescent Protein (GFP).
La réduction de l'expression de CamKIIβ (observées à E17,5 et P14) provoque : une accélération de la migration (Figure 1) ; une transition multipolaire-bipolaire favorisée (Figure 3) et une morphologie anormale des neurones corticaux conservée à l’âge adulte.
La surexpression de CamKIIβ perturbe la locomotion : la migration est ralentie (Figure 2), moins de neurones atteignent la plaque corticale et la transition multipolaire-bipolaire est freinée (Figure 4).
Nous voyons ici qu'une dérégulation de l'expression de CaMKIIβ perturbe différentes étapes de la migration radiaire.
Une question émerge alors : quels mécanismes cellulaires sous tendent ces modifications morphologiques et dynamiques ?
| Figure 2 à 5 : Effets de la diminution ou de l'augmentation de l'expression de CamKIIβ |
Pour répondre à cette question, penchons nous sur le rôle de l'actine dans la locomotion. Le mouvement est possible notamment par une succession de polymérisation/dépolymérisation de l'actine. Ce remodelage de l'actine est permis par des protéines de régulation notamment la cofiline. La cofiline permet la dépolymérisation de l’actine, c’est-à-dire le passage de la F-actine à la G-actine.
Nous savons que le mouvement est ralenti lorsque CaMKIIβ est surexprimé, empêcherait-elle le remodelage de l'actine par la cofiline ? Les chercheurs ont ainsi supposé une compétition entre les deux protéines pour un même site de liaison à l'actine.
| Figure 6 : La cofiline permet de rétablir les défauts de migration |
| Figure 7 : Schémas hypothétiques du rôle de CamKIIβ dans la locomotion |
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